Traitement du lymphœdème : comment intervient l’orthopédiste

La prise en charge d’un lymphœdème nécessite d’être adaptée à chacun. C’est là qu’intervient l’orthopédiste. En dressant une évaluation précise et régulière, il propose des solutions « sur mesure » et évolutives.

Le lymphœdème est une maladie chronique caractérisée par une accumulation de liquide lymphatique dans un membre, provoquant ainsi l’augmentation de son volume. L’altération du système lymphatique, responsable de la pathologie, est soit d’origine congénitale, on parle alors de lymphœdème primaire, soit acquise (blessure, infection, opération chirurgicale…) dans le cas d’un lymphœdème secondaire(1).

Les causes du lymphœdème varient en fonction de la population. Dans les pays en voie de développement, la maladie résulte souvent d’une infection parasitaire : la podoconiose, la filariose à loa loa2 ou la filariose lymphatique (éléphantiasis), causée par trois espèces de vers parasites (Wuchereria bancrofti, Brugia malayi et Brugia timori)3. A contrario, dans les pays développés, elle est principalement la conséquence d’un traitement anti-tumoral (chirurgie, radiothérapie), notamment dans les cas de cancer du sein et de la prostate4. Le nombre de personnes souffrant de la maladie est estimé 250 millions dans le monde. Bien que sous-estimée, la prévalence est évaluée à 1,33/10005.

S’il n’existe aucun traitement curatif du lymphœdème pour le moment, une prise en charge adaptée permet de ralentir son développement4.

1 | Un traitement régulièrement réévalué

L’orthopédiste est un technicien expert de l’appareillage externe à but thérapeutique. Il intervient dans le parcours médical du patient atteint de lymphœdème en évaluant et en mesurant ses atteintes pour lui proposer une solution appropriée.

Un lymphœdème est en constante évolution. Son traitement nécessite d’être régulièrement réajusté. Mais l’orthopédiste n’est pas prescripteur, et doit donc échanger avec le médecin généraliste ou le spécialiste vasculaire pour trouver les produits les mieux adaptés. « Le problème du lymphœdème, c’est qu’il n’y a pas de règles, explique Caroline Meyrignac, dirigeante de l’Orthopédie Meyrignac, à Paris. Le traitement doit être réévalué en permanence car la prise en charge se fait sur mesure ».

L’élément essentiel dans le traitement non opératoire des lymphœdèmes, qu’ils soient primaires ou secondaires, reste néanmoins la physiothérapie décongestive complexe6. Elle se déroule en deux phases :

Des solutions sur mesure…

En règle générale, les vêtements de compression fabriqués sur mesure contribuent à ralentir l’évolution du lymphœdème. Ceux-ci sont confectionnés grâce à deux techniques :

Les techniques de fabrication offrent de nombreuses options (notamment le tricotage rectiligne) comme le choix de la bande antiglisse, des couleurs et motifs, ou la possibilité d’ajouter une fermeture éclair et des doublures.

En outre, une fabrication sur mesure permet de diversifier la force de compression selon les zones du ou des membres atteints.

…ou des produits standards

Pour des bandages réducteurs, les bandes et dispositifs de capitonnage permettent de protéger la peau, d’uniformiser la pression ou de mobiliser l’œdème. A allongement court ou long, il en existe en coton ou en élasthanne.

Pour renforcer les effets du traitement de jour, certains fabricants proposent des vêtements mobilisateurs à porter la nuit. Ces dispositifs, alternatifs à l’autobandage, se caractérisent par une mise en place facilitée.

Parmi les gammes standards figurent enfin les « wraps », des vêtements de compression non élastiques et ajustables. Ces systèmes de bandages à velcro présentent un système d’enfilage et de retrait simple et rapide.

4 | Sources documentaires

  1. Szuba A, Rockson SG. Lymphedema: classification, diagnosis and therapy. Vasc Med. 1998;3:145–156
  2. Wynd S, Melrose WD, Durrheim DN, Carron J, Gyapong M. Understanding the community impact of lymphatic filariasis: a review of the sociocultural literature. Bull World Health Organ. 2007;85:493–498
  3. Cano J, Rebollo MP, Golding N, Pullan RL, Crellen T, Soler A, et al. The global distribution and transmission limits of lymphatic filariasis: past and present. Parasit Vectors. 2014;7:466
  4. Schulze H, Nacke M, Gutenbrunner M, Hadamitzky C. Worldwide assessment of healthcare personnel dealing with lymphoedema. Health Econ Rev. 2018; 8: 10.
  5. Depairon M, Tomson D, Mazzolai L. Diagnostic et prise en charge du lymphœdème. Forum Médical Suisse, 2016, pages 80–84
  6. Ferrandez JC, Bouchet JY, Richaud C, Theys S. Recommandations kinésithérapiques basées sur les faits du traitement des lymphœdèmes des membres. Kinésither. Scient. 2012, 534, 17-31
  7. Foldi E, Foldi M. Physiothérapie complexe décongestive. Paris : Édition Frison-Roche, 1993.
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