Lymphœdème : de l’importance de pratiquer un sport

Pour garder un bon moral et une bonne constitution, il est conseillé de pratiquer un sport. Mais en est-il de même pour les personnes atteintes de lymphœdème ? Quel sport pratiquer ? Quelles précautions à adopter ? Et comment gérer sa compression pendant et après l’effort ?

L’idée a longtemps été répandue que des efforts soutenus ou répétitifs entraînaient un risque accru de développer un lymphœdème après un cancer du sein. Mais de nombreuses études(1) ont réfuté cet a priori(2). Une recherche(3) portant sur 20 pagayeuses de « dragon boat » (une sorte de canoë de grande taille pesant plus de 250-300 kg, avec 16 à 20 pagayeurs, parcourant des distances comprises entre 200 à 2 000 mètres), a conclu à l’absence de rapport entre de tels efforts et le développement d’un lymphœdème après un cancer du sein.

En 2010, une autre étude(4) s’est intéressée cette fois à la pratique de l’haltérophilie par des femmes susceptibles d’être atteintes de lymphœdème après un cancer du sein. L’étude conclut encore une fois à l’absence de rapport entre cette activité intense et un développement de la pathologie.

Il est maintenant reconnu que l’activité physique a des effets bénéfiques sur les personnes atteintes d’un lymphœdème(5) : elle leur permet de lutter contre l’anxiété ou la dépression, et de contrôler leur poids. Par ailleurs, l’activité sportive stimule la circulation de la lymphe et donc le fonctionnement du système lymphatique. Elle favorise la souplesse de la peau du membre atteint, ainsi que le drainage au niveau de l’œdème.

1| Ecouter son corps

Quand on parle sport et lymphœdème, il n’existe pas de règle à proprement parler, sinon celle d’écouter son corps, de ne pas forcer ses limites. Cela pris en compte, le patient pourra exercer le sport qu’il souhaite.

Il est néanmoins conseillé de pratiquer des sports « doux » (natation, marche nordique, méthode pilates). Les activités aquatiques sont tout particulièrement indiquées car elles permettent de soulager du poids du lymphœdème, de faire travailler les muscles et de les renforcer(6). Autre avantage, la pression aquatique favorise la circulation veineuse et lymphatique. La pression hydrostatique exerce sur le corps un effet proche de celui d’un bas de contention, entraînant une augmentation du retour veineux et lymphatique(7).

2| La compression pendant et après l’effort

Porter des vêtements de compression pendant l’effort et la récupération permet d’améliorer le retour veineux et de diminuer les douleurs et les œdèmes(8). Ainsi, pendant l’exercice sportif en lui-même, il est fortement conseillé de conserver ses vêtements de compression(6). Sur les conseils de son spécialiste, le patient pourra également porter des dispositifs sur mesure adaptés à sa pratique.

Après l’effort, il est préférable de retirer la compression et de la changer pour un nouveau vêtement propre, de préférence après avoir pris une douche. S’il peut être utile d’appliquer une huile massante ou drainante au moment du retrait et de la toilette, il faudra surtout remettre la compression immédiatement après(9).

Pour toute autre question, demandez conseil à votre médecin.

3| Sources documentaires

  1. Keilani M, Hasenoehrl T, Neubauer M, Crevenna R. Resistance exercise and secondary lymphedema in breast cancer survivors — a systematic review. Support Care Cancer. 2016;24:1907–16, doi: 10.1007/s00520-015-3068-z
  2. Barbieux R, et al. Evaluation des effets de l’activité physique sur le système lymphatique de patientes avec lymphoedème secondaire à une chirurgie de cancer du sein, 2016.
  3. Harris SR, Niesen-Vertommen SL. Challenging the myth of exercise-induced lymphedema following breast cancer: a series of case reports. J Surg Oncol 2000 ; 74 : 95-99.
  4. Schmitz KH, Ahmed RL, Troxel AB, et al. Weight lifting for women at risk for breast cancer-related lymphedema. JAMA 2010 ; 304 : 2699-703.
  5. Vignes S. Activités physiques et lymphœdèmes des membres. Sang Thrombose Vaisseaux 2011 ; 23 (5) : 225-8, doi:10.1684/stv.2011.0605.
  6. Notice Orphanet : le lymphœdème primaire
  7. Henckes A. Une conséquence des contraintes de l’immersion : l’œdème pulmonaire. STV, 25, 2013, pages 275-80.
  8. Couzan S. et al. Le sportif, un insuffisant veineux potentiel ? Nouvelle approche diagnostique et prise en charge. Cardiologie et sport, janvier 2006 ; n°8, pages 7-20.
  9. Recommandations de Caroline Meyrignac – gérante Orthopédie Meyrignac, Paris.
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