Lymphœdème : pratiquer la marche nordique

Pratiquer un sport doux fait partie de la prise en charge du lymphœdème. La marche nordique est l’une de ces activités qui aident à vivre mieux avec la maladie. Tour d’horizon de ses bienfaits.

Rien de tel que le sport pour garder la forme. Un principe d’autant plus valable en cas de lymphœdème. Pour le Dr Stéphane Vignes, chef de service en lymphologie à l’hôpital Cognacq-Jay à Paris, cela ne fait aucun doute : « pour éviter que le membre atteint ne s’atrophie ou ne perde du muscle, il faut bouger. Ça permet aussi de le rééduquer ». Parmi les activités préconisées : la marche nordique.

 1| Doux et endurant

On le sait, la prise en charge du lymphœdème passe par des règles hygiéno-diététiques. « Le surpoids ou la prise de poids peut favoriser la survenue ou l’augmentation du lymphœdème », rappelle l’institut Curie(1). La surcharge pondérale a un impact tel sur la maladie qu’en cas de surpoids, la perte de poids influe sur le volume du lymphœdème, provoquant sa diminution(2). La pratique d’un sport à la fois doux et physique, à l’instar de la marche nordique, contribue donc à prévenir l’évolution de la maladie.

2| 67% de dépense énergétique en plus

Tout droit venue de Finlande, la marche nordique augmente de 67% la dépense énergétique par rapport à la marche traditionnelle(3). Une étude scientifique a montré qu’à 5,7 km/h, une heure de marche permet à une femme de brûler 327 kcal (441 kcal à 6,5 km/h) et à un homme de dépenser 414 kcal (600 kcal à 6,5 km/h)(4), soit environ 450 kcal en moyenne. Pratiquer la marche nordique 2 à 3 fois par semaine permet donc une dépense énergétique de 1 200 à 1 500 Kcal(5) et, par conséquent, contribue à une perte de poids.

3| Une meilleure circulation lymphatique

Outre un faible appui sur les membres inférieurs (20 % de réduction de charge sur les articulations grâce à l’utilisation des bâtons), préservant ainsi les chevilles et les genoux, la marche nordique sollicite 90 % de la masse musculaire totale(5), facilitant ainsi la circulation lymphatique(6). En outre, « elle permet de mobiliser la ceinture scapulaire, ce qui est bénéfique en cas de lymphœdème du bras », précise Éléonore, atteinte d’un lymphœdème secondaire du membre inférieur et coach en marche nordique. Alors, à vos bâtons !

Pour toute question, demandez conseil à votre médecin.

4| Sources documentaires

  1. Prévenir le lymphœdème du membre supérieur. Département soins de support. Institut Curie.
  2. Prise en charge du lymphœdème secondaire du membre supérieur après cancer du sein. Association Francophone des Soins Oncologiques de Support (AFSOS).
  3. Hansen, E. A. & Smith, G. Energy expenditure and comfort during Nordic walking with different pole lengths. J. Strength Cond. Res. Natl. Strength Cond. Assoc. 23, 1187–1194 (2009). Doi: 10.1519/JSC.0b013e31819f1e2b.
  4. Church TS, Earnest CP et Morss GM. Field testing of physiological responses associated with Nordic Walking. Res Q Exerc Sport. 2002 Sep;73(3):296-300. DOI: 10.1080/02701367.2002.10609023.
  5. Cahier de l’animateur de marche nordique. Site de l’UFOLEP.
  6. Lymphœdème. Site de la Société canadienne du cancer.
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