Qu’est-ce qu’un lymphœdème ?

Le syndrome du membre enflé… à diagnostiquer et traiter vite ! 

Œdème de lymphe qui se développe spontanément (LO primaire) ou suite à une atteinte ganglionnaire (LO secondaire) lors des chirurgies de cancers par exemple, le lymphœdème peut évoluer gravement. Un diagnostic le plus précoce possible s’impose pour faciliter sa prise en charge et prévenir les complications. Mots d’ordre : reconnaître les symptômes et consulter son médecin !

Des clés pour comprendre les symptômes

Maladie chronique liée à un mauvais fonctionnement du système lymphatique (réseau de canaux et de ganglions assurant la filtration de la lymphe), le lymphoedème résulte d’un blocage ou un ralentissement de  la circulation de ce liquide qui circule entre les cellules et tissus  de l’organisme et qui a pour fonction de drainer les nutriments, les lipides, l’eau, et les déchets issus du métabolisme. Lorsque le système de « purification » est entravé, la lymphe accumulée dans les tissus sous cutanés provoque un gonflement – qui reste indolore-, une lourdeur et une perte de mobilité d’une partie du corps. 

Les différents grades de la pathologie 

3 stades d’évolution naturelle du lymphœdème sont distingués :

Qui est concerné ? 

On distingue 2 cas de figures qui correspondent à 2 origines distinctes : les personnes atteintes d’une malformation du système lymphatique (LO primaire), et potentiellement tout patient après traumatisme ou chirurgie d’un ganglion (LO secondaire). Si ces 2 types existent partout dans le monde, peu de données permettent un état des lieux précis.

Le lymphœdème primaire concerne 1 personne sur 6 000 (prévalence approximative, l’atteinte étant parfois non visible, limitée à un pied ou orteil, et ne faisant pas l’objet de consultation)  et touchera 2 fois sur 3 une femme.

Appartenant aux maladies rares et étant dans 5% des cas seulement de forme familiale, il apparaît généralement à la puberté mais peut être présent dès la naissance ou plus rarement survenir après 35 ans. Déclenché par un choc (physique ou psychologique), une grande fatigue, une infection, ou après une grossesse, le lymphœdème primaire débute au niveau du pied et s’étend au membre inférieur.

Le lymphœdème secondaire touche 10 à 50 % des patients (hommes ou femmes) qui subissent l’ablation de ganglions lymphatiques ou une radiothérapie, le syndrome du « gros bras » après une chirurgie dans un cancer du sein étant le plus connu (bien que le risque soit aujourd’hui réduit grâce au prélèvement d’un ganglion sentinelle pour limiter l’intervention). Les cancers de la peau (mélanome), du système reproducteur (ovaires, utérus, prostate, testicules), de la tête et du cou, de la vessie et du colon peuvent également être à l’origine de lymphœdèmes.

Plus généralement, le LO est consécutif à la destruction ou le blocage des voies lymphatiques par : la propagation de métastases sur les ganglions lymphatiques, la destruction chirurgicale de ces ganglions pour traiter le cancer, ou encore un traumatisme des tissus (brûlure, cicatrices), une infection ou une inflammation.

Quelles voies thérapeutiques, quelles solutions ?

La compression médicale est un élément clé du traitement. Si aucun médicament ou traitement « miracle » n’existe hélas pour éradiquer le lymphœdème, en revanche sa prise en charge continue suite à un diagnostic le plus précoce possible permet des améliorations notables que sont : la réduction du volume du membre puis sa stabilisation, l’amélioration de sa mobilité, la prévention des risques de complication. Un soutien psychologique du patient est également nécessaire

Face à cette maladie chronique, les phases de réduction (ou traitement décongestif intensif) et d’entretien sont essentielles et complémentaires, assorties de mesures hygiéno-diététiques. La première cherche à se rapprocher le plus possible du volume du membre sain, et la seconde à stabiliser le volume du membre réduit. L’arsenal thérapeutique intègre le drainage lymphatique manuel, les bandages drainants et réducteurs, des bas ou des manchons de compression, la pressothérapie, mais aussi une activité physique tout comme des soins de peau et des ongles.

Afin d’éviter les facteurs d’aggravation et de mieux « vivre avec » un lymphœdème au quotidien il convient de respecter un certain nombre de règles de base (maintenir un « poids de forme », protéger la peau de toute infection, porter des vêtements confortables…) et de connaître certaines astuces.

Le lymphœdème en chiffres :

 

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