La chirurgie du lymphœdème

Quand on souffre d’un lymphœdème qui répond mal aux traitements habituels, pourquoi ne pas avoir recours à une chirurgie pour diminuer le gonflement, voire réparer le système lymphatique ? Pas si simple. Les différentes techniques existantes ont leurs contraintes, leurs avantages et inconvénients.

Aujourd’hui, la chirurgie des lymphœdèmes reste rarement réalisée : ses indications ne sont pas consensuelles et leur efficacité, comme leur innocuité, font encore l’objet de doutes. Les études menées sur les résultats des différentes méthodes chirurgicales utilisées sont peu nombreuses et varient fortement entre les techniques, entre les études, entre les types de lymphœdème et entre les patients ! Envisagée quand les traitements habituels ne fonctionnent pas ou plus, elle doit donc être soigneusement discutée, en pensant le « pour » et le « contre » entre le patient, le médecin et le chirurgien plasticien, qui doit être expert en pathologies lymphatiques.

La chirurgie des lymphœdèmes se base actuellement  sur deux grandes approches : soit enlever les tissus atteints par le lymphœdème pour diminuer le volume excédentaire (chirurgie de résection), soit reconstruire le circuit lymphatique pour que le blocage de la circulation soit levé (chirurgie de reconstruction).

Résection et liposuccion

Ces chirurgies, parfois utiles dans les lymphœdèmes volumineux des membres, est considérée comme symptomatique : elle nécessite la poursuite des traitements habituels, comme la contention et la compression.

La chirurgie de reconstruction du système lymphatique

L’anastomose lymphoveineuse (ALV) consiste à connecter un vaisseau lymphatique vers une veine pour dériver la lymphe vers la circulation sanguine. Une variante consiste à connecter un vaisseau lymphatique à un autre en faisant un « pont » (bypass) au-dessus de la zone atteinte. Ce sont les méthodes les plus souvent employées pour la chirurgie des lymphœdèmes dus à un traitement du cancer du sein, avec des vaisseaux en bon état ou sans anomalies lymphatiques étendues. Les complications sont assez rares, mais ces chirurgies doivent être pratiquées par un praticien entraîné à la microchirurgie. Selon une étude, elle ne réduit pas significativement le volume mais soulage certains symptômes comme les sensations de lourdeur du membre et de tension de la peau.

Le transfert ganglionnaire autologue consiste à prélever des ganglions chez le patient dans une zone saine et à les transplanter par microchirurgie dans le membre atteint de lymphœdème. Elle peut être associée à une liposuccion. Cette méthode visant à rétablir le système lymphatique au niveau de la zone du corps atteinte, la plus récente des chirurgies du lymphœdème, est considérée prometteuse, mais encore mal évaluée. Elle a montré des résultats positifs chez une partie des patients l’ayant éprouvée : 40% des patients ainsi ont vu une diminution du volume de leur lymphœdème (moyenne 3,4 cm pour le bras) au bout d’un an,  selon une étude. Cependant, selon une autre étude sur des personnes opérées avec cette méthode, elle a engendré des complications (dans plus d’1/3 des cas) comme des douleurs persistantes ou l’apparition d’un lymphœdème chronique au niveau de la zone où ont été prélevés les ganglions.

Sources documentaires

Article publié le 6 septembre 2017 par Emmanuelle Manck, rédactrice scientifique et médicale.

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